Rétropédalages


Couacs et rétropédalages : les deux modes de fonctionnement du Gouvernement. Inutile de s’attarder sur les couacs. Le temps que nous publions cette lettre, les exemples seront déjà obsolètes… Attardons-nous seulement sur quelques uns des rétropédalages.

1/Les heures sup’ défiscalisées


Souvenez-vous, la session extraordinaire de l’été en juillet 2012 n’avait qu’une priorité : supprimer la fameuse loi TEPA et ces heures supplémentaires défiscalisées qui étaient à l’origine du chômage.
Impossible de faire entendre que c’était les petits salaires qui en bénéficiaient puisque les cadres sont hors-champs des 35 heures et des heures sup’.

Rendons hommage au député de Ris-Orangis, porte-parole socialiste qui a osé affirmer un an après que c’était sans doute une erreur. Il devait en avoir assez d’entendre ses fonctionnaires et personnels de l’enseignement râler contre cette mesure qui les touche de plein fouet.

Deux pas en avant, un pas en arrière. Très vite, le Gouvernement a annoncé qu’il n’était pas question de revenir sur cette défiscalisation mais … qu’il fallait sans doute faire quelque chose sur les bas salaires.

Les paris sont ouverts : cela ne s’appellera ni défiscalisation ni heures supplémentaires, mais cela y ressemblera beaucoup. Rendez-vous au projet de loi de finances pour 2014.


2/Les emplois d’avenir


La grande réforme qui devait permettre aux jeunes très éloignés de l’emploi de se former était réservée à l’origine aux seules administrations et associations. Nous n’avions eu de cesse pendant les débats de demander de les ouvrir aux entreprises privées. Refus réitéré, par pure idéologie : ces emplois sont financés à plus de 75 % par l’Etat (donc par nos impôts). Hors de question que les entreprises en "bénéficient". Dans l’esprit de la majorité, même un petit artisan ou commerçant est un capitaliste qui exploite le pauvre peuple.
Mais quand il s’est avéré que les administrations se faisaient tirer l’oreille, que les critères effarants imposés n’étaient pas viables (le jeune doit habiter dans une zone sensible, pas la rue d’à côté, ne pas avoir un diplôme et si possible n’avoir jamais pu ou voulu travailler …), en douce, le ministre a modifié le décret d’application. Car, même à coup de trique (les Préfets doivent faire signer des contrats, les ministres se déplacent pour 3 emplois accompagnés de la presse), ces emplois aidés ne permettront pas d’inverser la courbe du chômage. Le Gouvernement vient de s'apercevoir que la radiation de certains chômeurs pourrait être un affichage plus efficace!

Quant à l’ouverture de ces emplois aux jeunes qui ont envie de se former à un métier quelque soit leur adresse, si un décret n'es pas déjà paru sans tambour ni trompette, il doit être dans les tuyaux.

3/Intervention militaire en Syrie


Inutile d’en dire trop car, là aussi, chaque jour, notre « grand chef de guerre » se retrouve en porte-à-faux avec ce qu’il affirmait quelques jours avant. Là encore, cet article risque d’être dépassé par la rapidité de ses voltes faces. Quoiqu’il advienne, l’image de la France a été ridiculisée puisqu’elle s’est retrouvée isolée en Europe, puis lâchée par les Etats-Unis qui n’ont pas voulu intervenir avec comme seul allié notre pays. F. Hollande a refusé un vote au Parlement français (c’est tout à fait constitutionnel), mais à soumis sa décision au Congrès américain ! Et malgré cela, Barack Obama s’organise avec Vladimir Poutine.

La honte diplomatique!

N’est pas de Gaulle qui veut.



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