Le traité européen ou la solidarité sauce verte

Souvenez-vous, le bruit fait par l’annonce du conseil fédéral d’EELV de refuser de voter le traité européen. Il faut en réalité savoir que l’origine de la discorde portait moins sur la nature du traité que sur son origine sarkozienne.
Si François Hollande s’est renié en faisant ratifier un traité qu’il avait critiqué pour séduire la gauche de la gauche «ce traité est une illusion, mais c’est aussi un risque» (mars 2012), les Verts s’en sont tenus à leur strict business politique.
Le pacte Aubry-Duflot portait sur des échanges de circonscriptions contre des centrales nucléaires
, pas sur la règle d’or tant décriée début 2012! Mais l’affaire s’est révélée délicate pour les ministres verts qui ont eu des difficultés à se soumettre à un minimum de solidarité gouvernementale.
Minimum seulement.
Les parlementaires EELV n’ont pas voté le traité européen ou se sont abstenus.
Sans l’UMP, au Sénat, le texte était rejeté puisque le Front de gauche aussi y était opposé.

Le soutien yoyo des radicaux

Le vote définitif de loi sur le logement a frôlé le rejet (avant de connaître celui du Conseil constitutionnel), le petit groupe des sénateurs radicaux (RDSE) ayant exigé au dernier moment le retrait d'un article imposant 10% de logements sociaux aux communes de moins de 3500 habitants.
Jean-Marc Ayrault a du s'engager personnellement à modifier la disposition par ordonnance pour que le texte ne soit pas repoussé. Le Conseil constitutionnel venant d’annuler cette loi pour non respect de la procédure législative, il va être facile aux radicaux de vérifier si le 1er Ministre tient parole.
Témoignage supplémentaire de l’harmonie de la majorité de gauche.
Le groupe RDSE a (heureusement) fait rejeter par son abstention une proposition de résolution sur les Roms qui ouvrait diverses professions à des citoyens roumains et bulgares. Dans un communiqué de presse, les sénateurs Verts ont qualifié, leurs partenaires radicaux de « maillon manquant dans la majorité ».

La gauche de la gauche manifeste dans ses votes

Ne voulant pas participer au gouvernement, le PC se déclare libre de ses votes. C’est à son initiative que «l’ usine à gaz » de la proposition PS sur les tarifs progressifs de l'énergie adoptée à l’Assemblée Nationale, a été repoussée, le groupe UMP y étant tout autant opposé.
La motion d'irrecevabilité adoptée le 30 octobre a entraîné le rejet du texte. Ces mêmes communistes n’ont pas non plus voulu du projet de loi Valls sur le terrorisme.
Nous, UMP, l’avons voté car les mesures émanent des dispositions proposées par Claude Guéant après l’affaire Merah, qui avaient été jugées inutiles par la gauche.
Le groupe communiste a aussi choisi l’abstention sur les emplois d'avenir (ces nouveaux emplois jeunes réservés au secteur public).
Monsieur Mélenchon a vraiment très peu de chance de redevenir ministre!

Conclusion: nous comptons les points, mais nous constatons que les idées phares de l’UMP triomphent indirectement. Traité européen, loi sur le terrorisme, contrôle des Roms en respect du droit européen … Mais malheureusement, ce n’est pas (encore) le cas dans le domaine budgétaire ou l’accroissement des impôts est la seule mesure mise en place pour redresser la France. Là encore, que va faire le couple exécutif du rapport Gallois qui préconise les mesures phares de N. Sarkozy ?

Cependant, même si la majorité sénatoriale se disloquait, le gouvernement pourra toujours donner à l’Assemblée nationale le droit de trancher. En attendant, suivez le feuilleton sénatorial car chaque semaine semble vouloir nous réserver une certaine surprise!

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