Le chômage : le fléau de la jeune génération
par Mickaël

Si les jeunes se sont enflammés aussi rapidement sur le sujet des retraites, ce n'est pas uniquement parce qu’ils n’ont pas envie de travailler longtemps ou qu’ils veulent sécher les cours, mais parce qu'ils doutent de leur présent et redoutent l'avenir. Et lorsque certains leur soufflent que rallonger la durée d’activité des seniors, c’est accroître le chômage des jeunes, ils y croient. Ce n'est pas mon petit frère, au chômage depuis un an malgré son double diplôme (Bac +5 Ecole de commerce) qui me dira le contraire. Quant à moi, malgré mon titre d’ingénieur, j’ai dû passer, comme tous, par la case CDD. C'est d'ailleurs parce que je suis concerné par ce problème que je me suis décidé à écrire un bref article sur ce sujet.

Tout d'abord, quelques chiffres! D'après l'Insee, 21,5 % des moins de 25 ans sont au chômage. Ce chiffre peut paraitre élevé comparé au 18,4 % de l’Union européenne, au 17,9% du Royaume-Uni ou 10,5% de l’Allemagne). Il doit être cependant relativisé. En effet, en France, le taux est calculé sur une population différente : les moins de 25 ans en recherche d'emploi sont souvent peu diplômés, sortis depuis longtemps des circuits scolaires et connaissent donc logiquement plus de difficultés à trouver un emploi. Nombre de jeunes Français font des études longues et sont rapidement embauchés, mais ne sont pas comptabilisés dans le calcul.

Pourtant on ne peut nier l'existence d'un problème : le chômage des jeunes suit les fluctuations de la conjoncture économique, même si le diplôme est encore la meilleure protection. Mais les phases répétées de raréfaction de l’offre d’embauche conduisent à une déqualification des emplois, les plus diplômés acceptant des postes qui sinon seraient occupés par des diplômés de niveaux intermédiaires ; en fin de chaîne ce sont les moins qualifiés qui pâtissent le plus de la basse conjoncture. Et les entreprises ne se tournent pas spontanément vers cette main-d'œuvre qu'ils considèrent comme une variable d'ajustement. Les chiffres le montrent: Ces jeunes resteront inscrits en moyenne 126 jours à l'ANPE. C'est moins que les inscrits plus âgés, la moyenne générale étant de 220 jours. Mais une fois sortis de Pôle Emploi, leur situation sera nettement plus précaire. Voici les chiffres de l'Insee sur la répartition de l'emploi des jeunes :

  • Intérim : 6,6%, contre une moyenne de 2,1% tous âges confondus
  • Apprentis : 15,3%
  • CDD : 26,4%, contre 8,3% tous âges confondus
  • CDI : 49,7%, contre 77,7% tous âges confondus

Alors quelle solution allez-vous me dire?
Malheureusement je ne suis pas plus expert que ceux qui se considèrent comme tels. L'économiste Mathieu Plane * déclare : " La seule solution, c'est le plein emploi". C'est-à-dire une situation où le rapport de force entre les recruteurs et les jeunes s'inverserait et qui forcerait les entre prises à investir sur ces jeunes pas suffisamment qualifiés.
Mais comme le plein emploi ne se décrète pas….



Mickaël

* Remarque de Catherine : « Pas besoin d’être un économiste pour déclarer cela » !

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