De l'impossibilité de débattre de façon rationnelle en France
par Mickaël

Sur les retraites, on dira du gouvernement qu'il a perdu la bataille de l'opinion car il n'aura pas su suffisamment expliquer la réforme.

Pour moi, cela n'est pas exact. Les explications sont plutôt passées au second plan face à une certaine presse que je qualifierai de "Pompier Pyromane" et qui obéit à une logique du spectaculaire. Chaque matin de grande manifestation, un dispositif spécial permettant de suivre les événements de la journée était mis en place. Et tout est présenté sous le thème du combat : l'opposition des chiffres, la violence des débordements, les témoignages belliqueux de grévistes remontés sans parler des enquêtes sur les mystérieux policiers casseurs. Et c'est cette même presse, une fois rassasiée de gros titres durant la bataille, qui va, au moment de l'armistice, compter les morts en expliquant combien une grève est couteuse et ô combien la France est décidément impossible à réformer. Il existe donc un effet "loupe" qui empêche d'épouser ici le problème des retraites dans son ensemble et dans toute sa complexité. Nous avons ainsi perdu l'occasion d'être éclairés sur des questions pourtant fondamentales (comme la pénibilité ou le travail des séniors).

Enfin comment ne pas aborder la mauvaise foi du parti socialiste dans ce débat qui n'a pas su proposer des alternatives. Quand ils étaient interrogés, les leaders socialistes se contentaient d’ériger la retraite à 60 ans comme un des « dix commandements » et de critiquer le gouvernement sans apporter des contre propositions crédibles. Ou, quand ils le faisaient, c’était avec plein d’ambiguïté : retour au droit de s’arrêter de travailler à 60 ans mais …avec une augmentation de la durée des cotisations. Traduction sous titrée : vous pourrez partir mais vous ne toucherez pas grand chose ! La démagogie ne tient compte ni de la réalité économique de la France, ni de la réalité sociale. La gauche n'a qu'une seule chose en tête : émettre des propositions racoleuses en vue de 2012.



MickaŽl



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