L’Indonésie sans avion !


En Juin 2009, le Sénat a décidé de créer un Groupe d’amitié inter-parlementaire avec l’Indonésie, état devenu démocratique depuis la chute de Suharto il y a une dizaine d’années et puissance économique émergente. Je souhaitais l’Australie que je connaissais, je suis devenue Présidente du groupe l’Indonésie dont j’ignorais tout !

L’été passé, je suis donc allée à titre personnel, en vacances, dans cet archipel immense, composé de 17 000 îles, dont les plus célèbres sont Java, Bali, Sumatra, Bornéo pour appréhender un peu ce pays, le plus grand pays musulman du monde et préparer le 1er déplacement sénatorial. En avril j’ai ainsi conduit une mini délégation (j’étais accompagnée des 2 Vices-présidents, l’un UMP, l’autre PS).

Précisions : au Sénat, contrairement à l’Assemblée nationale, nous ne sommes autorisés à nous déplacer que pendant les vacances parlementaires et nous payons une partie des dépenses.

Au programme : rencontres avec les autorités politiques indonésiennes à Jakarta, avec la communauté française de Bali ( plus de 2000 personnes), échanges avec des grosses entreprises françaises comme Total, EADS, les ciments Lafarge, des chercheurs, des ONG. Et enfin, pour le volet environnemental visites sur le terrain pour constater de la déforestation et de l’impact des plantations de palmiers à huile.
Tout cela en une semaine et en allant sur 4 îles différentes. Peu de temps pour le tourisme.

L’Indonésie est un pays très volcanique ( le célèbre Krakatoa), très instable géologiquement, sans compter les tsunamis. Mais c’est le volcan islandais qui a bouleversé notre retour.

Certes, nous avions un hôtel, car j’avais fait le bon choix : regagner Jakarta (sous la houlette de l’ambassade) et non Kuala-Lumpur pour attendre la reprise des vols car, comme Singapour, Kuala-Lumpur est un hub et je me doutais que des milliers de voyageurs y seraient en attente !

L’attente ne fut quand même pas hyper agréable.
D’abord parce que, compte tenu du décalage horaire, chaque jour nous devions attendre l’après-midi pour savoir si un avion avait décollé d’Europe !
Ensuite, nous ne quittions pas l’hôtel car la circulation à Jakarta, c’est Paris un jour de grève générale.
Allez voir le port, c’était 3 heures d’encombrements et le risque de ne pas avoir le temps de rejoindre l’aéroport si un vol arrivait !

Après 3 jours, à 21h, KLM nous appelle : dans 3 heures, un vol partait … mais de Kuala-Lumpur. Déception de courte durée car s’il décollait, KLM ne savait pas ou il atterrissait !

Le lendemain, toujours aucune nouvelle : plus de 500 français étaient en stand by en Indonésie, près de 1000 en Malaisie et autant à Singapour. Me voici sur internet à chercher des itinéraires alternatifs. Le plus simple était de rejoindre Istanbul ( des vols existaient) puis l’ Espagne et voiture jusqu’à Paris. Mais impossible de réserver vers l’Europe ! J’ai alors envisagé le train, l’Orient-express, pourquoi pas, avant d’apprendre qu’ils étaient tous pris d’assaut !

Autre alternative : un avion vers la péninsule arabique, puisque de Jakarta de multiples compagnies desservent Doha, Dubai etc. Mais l’Ambassadeur nous apprend que les compagnies du Golfe refusent d’embarquer les européens ne voulant pas de voyageurs bloqués dans leurs aéroports ; et goutte d’eau qui fait déborder le vase, la cellule de crise du Sénat lui a laissé entendre que, eu égard aux prix de ces billets de dernière heure, elle n’y était pas favorable !

Mon sang n’a fait qu’un tour, j’ai appelé Gérard Larcher pour lui dire ce que j’en pensais. Il m’a assurée qu’il s’occupait de nous et qu’il m’enverrait des chameaux s’il n’y avait pas d’autres moyens de nous faire rentrer ! Car, sans avion, par où et en combien de semaines allions nous retrouver la France !

Le lendemain, les vols reprenaient lentement mais fallait-il encore qu’il y ait des places puisque les compagnies embarquaient les passagers prévus et non en attente ! C’est là, je pense, que mon coup de … auprès du Président du Sénat à été utile : on a pu embarquer.

Jamais je n’ai été aussi heureuse de m’asseoir dans un avion !
Jamais je n’avais autant mesuré la fragile dépendance de notre système d’échanges au bon fonctionnement du transport aérien.

 

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