Dans les coulisses de la loi hôpital

La Commission des Affaires sociales a entamé début mai l’examen  (législatif et curatif !) de la loi hôpital. Un travail de titan car le texte du Gouvernement qui comportait un peu plus de 30 articles est devenu un monstre à la sortie de l’Assemblée nationale : plus de 100 articles !

Le rapporteur au Sénat, Alain Milon, (Médecin et Maire de Sorgues, près d’Avignon) a fait un travail gigantesque en auditionnant à Paris et en Province plus de 200 personnes et essayé de clarifier le texte, de calmer les médecins sans pour autant enterrer une réforme nécessaire. Maintenant, depuis le 12 mai, nous débattons dans l’hémicycle des 1400 amendements…déjà travaillés en commission. Pour vous qui ne voyez que les manifestants en blouses blanches au JT et qui vous demandez si la médecine est en danger, voici, pour moi, ce qui est vraiment dans le texte et ce qui est essentiel

Ce texte voulait mieux répartir les médecins sur le territoire français.

Certaines régions sont en déficit, d’autres en surnombre ; sans compter que la génération du baby-boom commence à partir en retraite et n’est pas remplacée.

Le Val-de-Marne est un département légèrement déficitaire. Eh oui, il n’y a pas assez de médecins/nombre d’habitants. A Vincennes, on ne s’en rend pas compte, mais à quelques kms, c’est une réalité. Mais les médecins tiennent à leur liberté d’installation quelque soit la situation locale ; et la nouvelle génération se refuse de vivre comme les médecins d’antan avec les horaires d’antan, c’est à dire, corvéables 24h par jour 7jours sur 7! Sans compter qu’il y a plus de femmes que d’hommes mais que celles-ci n’exercent souvent pas à temps plein et presque 20% de ceux (hommes ou femmes) qui obtiennent leur diplôme n’exerceront pas parce qu’ils s’orienteront différemment !

Après débat, le texte n’impose plus une installation géographie et donne 3 ans à la profession pour s’auto-réguler.

Le texte réaménage le fonctionnement et la répartition des hôpitaux.

Il organise la collaboration entre les hôpitaux publics et privés et les cliniques, ( certains petits établissements recevant trop peu de patients n’ont pas de spécialiste pour exercer) en créant des « communautés hospitalières de territoires », mais sans fermer d’hôpitaux.

Mais ce qui a conduit quelques grands patrons à descendre dans la rue, c’est que le texte touchait à leurs pouvoirs qu’ils ne voulaient pas « partager ». Beaucoup de mauvaise foi car le Sénat avait déjà trouvé un compromis entre les propositions du Gouvernement et la position des médecins et chefs de clinique, mais ils font semblant de ne pas le savoir.

Et puis il y a l’éternel débat « Public/ privé », comme dans l’enseignement. Certains n’acceptent pas que des hôpitaux ou cliniques privés puissent assurer une partie du Service public.

Pour moi, qui comme beaucoup de Vincennoises ont accouché ou se sont fait opérer à Nogent à Armand Brillard, je ne vois pas où est le problème

Nous avons travaillé en commission 12 à 15 heures par jour pendant presque une semaine pour aménager ce texte. Et les débats en séance  vont durer presque tout le mois de mai.

Malgré mon assiduité, je décroche car il s’agit souvent d’un texte hyper technique (sur la composition du Conseil de surveillance des hôpitaux par exemple où les débats ont bien duré 4 ou 5 heures !). Les non professionnels comme moi ne se sentent pas impliqués dans ces questions de gouvernance et de pouvoir. Mais pour tout le reste, comme l’accès aux soins, je me suis complètement impliquée et peux vous rassurer : c’est bien un texte qui veut assurer l’avenir de la médecine libérale, et les hôpitaux publics, contrairement à ce que l’on entend !

Retour à la page d'accueil