"L'Europe, quel numéro de téléphone?" par Mickael

Cette phrase célèbre prononcée en 1970 par Henry Kissinger est plus que jamais d'actualité aux yeux des français qui semblent se détourner de l'élection à venir. Près de quarante ans plus tard, l’Union Européenne n’a toujours pas de ligne fixe et on craint une abstention record.

Il est vrai que le système de présidence tournante ne permet pas la stabilité nécessaire. Que dirions-nous si notre patron changeait tous les six mois à la tête de notre entreprise?

Bref, tout le monde semble d'accord pour dire qu'une réforme de la présidence européenne est devenue une nécessité, mais les conceptions de cette fonction présidentielle divergent. Ainsi, de quel chef l’Europe a besoin, et pourquoi faire?

Aujourd'hui, trois pistes restent en discussion :

- Le maintien de la présidence tournante (proposition soutenue par les représentants des « petits pays » qui craignent qu’une présidence de longue durée ne nuise à leur représentativité)

- L'apparition d'un président du conseil Européen (proposition soutenue par le couple Franco-Allemand) en plus du président de la commission (actuellement Mr Barosso), qui représenterait l'Union sur la scène internationale

- La présidence unique à la fois à la tête du conseil Européen et de la commission Européenne (proposition soutenue par Pierre Lequiller, député et président de la délégation de l’Assemblée nationale pour l’Union européenne). Ce président serait un chef de l'exécutif et de la diplomatie dont la responsabilité pourrait être engagée face au conseil et au parlement.

A ce jour, aucune de ces propositions n'émerge véritablement. L'idée d'avoir un président unique est pour l'instant un objectif. Dans cette optique, Michel Barnier a proposé qu’elle soit mentionnée dans la future Constitution européenne en tant que nouvelle étape à franchir dans la construction communautaire.

Ce n'est qu'à cette condition que l'Europe sera plus visible aux yeux de tous. Cela sera d'autant plus important face à l'émergence de géants comme la Chine, l'Inde, le Brésil ou la Russie. Notons d'ailleurs que c'est lors de la présidence Française que l'Europe a existé lors de la crise de la Géorgie. Présidence marquée par un leadership fort qui s'est confirmé quelques mois plus tard lors de la crise économique. L'Europe a eu un visage et une voix et est devenue une réalité perceptible par ses citoyens eux mêmes. C'est de cette Europe tangible que nous devons tendre.

En écho à la phrase de Kissinger, gageons qu'à ce jour Obama ne nous dise pas "L'Europe, quel numéro de conf call?"

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