Abstention : éclairage sur un record

par Johann

Le Val-de-Marne a tristement brillé par son taux d’abstention record aux élections législatives de 2012 (moyenne nationale 42,77%). En 2011, ce fut pire aux élections cantonales qui avaient enregistrées une abstention de 63,71%. Mais nous savons tous, qu’en milieu urbain, le conseiller général a du mal à exister et à se faire connaître. On peut trouver quelques éléments de réponse à cette abstention dans la réforme constitutionnelle qui a institué le quinquennat. En liant élection du Chef de l’Etat à celle des députés l’objectif affirmé était d’éviter la cohabitation qui a paralysé nos institutions par le passé. En décembre 2000, l’Assemblée nationale a adopté une proposition de loi ayant pour objet de fixer la date d'expiration du mandat de l'Assemblée nationale au « troisième mardi de juin » alors que cette date était « le premier mardi d'avril » (date de la dissolution de 1997).

L’objectif était de permettre l’élection du Président de la République qui demeure en mai (suite à la mort de Pompidou) avant celle des députés pour assurer la logique et la cohérence de la Vème République.

Mais en mélangeant les genres, on a abouti à la confusion entre les rôles de l’exécutif et du législatif. Personne n’avait prévu l’effet négatif de la longueur de la campagne sur l’esprit civique.

En effet, après une campagne présidentielle longue et tranchée avec des personnages souvent hors du commun, les élections législatives embrayent sur un temps court, sans autre thème que de donner une majorité au Président.

La campagne de désignation du candidat PS a ainsi duré plus d’un an. Les élections législatives sont devenues un rendez-vous de confirmation pour beaucoup de citoyens. Le dimanche 10 juin, selon une enquête Ipsos, 66% des 18-24 ans ne sont pas passés au bureau de vote, la moitié des ouvriers et des employés non plus.

Certains spécialistes estiment que cette situation ne s’arrangera pas si les partis développent la primaire ouverte, comme cela pourra être le cas à l’UMP.

Faut-il « dégrouper » sur deux années différentes élection présidentielle et législative comme le demande... les communistes (qui ont été laminés) afin d’éviter la confusion entre exécutif et législatif auprès de citoyens. Mais ce n’est pas en annonçant que les ministres battus aux législatives ne le resteront pas que cette confusion risque d’être levée, ni le retour au Parlement d’un ministre démissionnaire ou démissionné.

Quant aux Verts, ils proposent eux, au contraire, de faire voter les Français, le même dimanche, pour le Président de la République et les députés.

La piste ne serait-elle pas de redéfinir le délai entre l’élection présidentielle et législative ? Actuellement six semaines les séparent. Rallonger les délais à 10 semaines par exemple permettrait aux citoyens de réfléchir sur les premières mesures engagées par le Gouvernement et aux députés de retrouver une légitimité politique.

Dates des dernières élections présidentielles et législatives
  Présidentielles Législatives
1981
26 avril et 10 mai 14 et 21 juin
1988
24 avril et 8 mai 5 et 12 juin
1995
23 avril et 7 mai sans élection législative puisque Jacques Chirac avait conservé l’Assemblée élue en 1993
2002
21 avril et 5 mai 9 et 16 juin
2007 et 2012
22 avril et 6 mai 10 et 17 juin

par Johann

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