Le coup de gueule

 

Ce que les promesses impossibles de Hollande vont coûter
par Laurent


François Hollande a été élu de peu (51,6 %) : rappelons qu'il détient le triste record du Président Français le plus justement élu depuis plus de 30 ans : Nicolas Sarkozy l'avait emporté avec 53% en 2007, Jacques Chirac avec 82% en 2002 et 52,6 % en 1995, et François Mitterrand avec 54 % en 1988, 51,76% en 1981.

François Hollande a donc été élu sur le fil parce qu'il a fait des promesses impossibles.

50 jours après sa prise de fonction, nous voyons déjà que ses promesses ne sont pas tenables.

J'en prendrais quatre qui ont dû toucher les Vincennois :

premièrement, le retour à l'équilibre des finances publiques en 2017. Avec la mise en place de quelques mesures comme la création de 60 000 places de professeurs, qui à elle seule coûtera plusieurs milliards d'euros, il faudrait des réductions drastiques des dépenses de l'Etat, en commençant par le non-remplacement de 2 fonctionnaires sur 3 dans tous les ministères hors éducation nationale, et notamment les ministères qui emploient beaucoup comme la santé, la défense, le travail (pôle emploi). Mais quand l'UMP a sorti ce chiffre de 2 sur 3 la semaine dernière, Hollande s'est empressé de nier personnellement. Réunis lundi en séminaire chez le Premier Ministre, les ministres verts – PS ont discuté pendant plusieurs heures, sans qu'il n'en ressorte rien à la presse. Il ont juste conclu entre eux qu'ils n'arriveraient pas à obtenir le retour à l'équilibre des finances publiques en 2017.

Deuxièmement, les classes moyennes ne seraient pas défavorisées par les mesures ni par les impôts.
Les pistes annoncées la semaine dernière par le gouvernement de gauche pour le budget des années 2013, 2014 et 2015 disent le contraire :

  • Le retour partiel à la retraite à 60 ans qui ne concernera que 100 000 personnes, et pas les classes moyennes est compensé par une augmentation des charges salariales et patronales, c'est donc une baisse de salaire net pour les classes moyennes.
  • Le coup de pouce au SMIC sera lui aussi financé avec la hausse des cotisations salariales, l'augmentation des charges des indépendants, artisans et commerçants.
  • L'augmentation des droits de succession entrera en vigueur dès 2013, soit une réduction de 37% de l'avantage fiscal sur les donations, est un très mauvais signal envoyé aux classes moyennes.
  • La hausse de 25% de l'allocation de rentrée scolaire sera financée par une baisse du quotient familial, ce qui est un coup dur pour les familles issues des classes moyennes
  • La tranche à 75% pour les revenus à 1 million d'euros, promesse phare de François Hollande, est déjà repoussée à octobre...
  • la création de 60 000 postes de professeurs s'accompagnera inexorablement d'une réduction du nombre des postes dans la santé et de la défense, même si ce n'est pas à la hauteur de 2 sur 3, et cela signifie une baisse de la qualité des services de santé pour tous les français qui utilisent les hôpitaux publics. Notamment, l'hôpital militaire Bégin, service du ministère de la défense, pâtira sans doute de cette mesure.

Troisièmement, Hollande avait promis une nouvelle politique internationale visant plus de solidarité entre les pays. Mais durant cette semaine où les enjeux internationaux étaient primordiaux, Hollande s’est montré incapable de tirer son épingle du jeu.

Pour préparer le sommet européen des 28 et 29 juin à Bruxelles, Hollande a adressé aux autres pays un document intitulé « Pacte pour la croissance en Europe » qui contredit toutes ses promesses de campagne :

  • en ne proposant plus de renégocier le Traité européen pour y ajouter un volet « croissance » comme il l'avait pourtant promis
  • en renonçant aux « eurobonds » dont on a tant entendu parlé pendant la campagne
  • en demandant des dépenses supplémentaires de l'Union européenne de pas moins de 120 milliards d'euros que la Commission européenne et Angela Merkel elle-même ont vigoureusement critiqué en dénonçant des solutions « simplistes » et « médiocres ».

Au G20, là où le leadership de Nicolas Sarkozy s’était imposé en amenant les autres pays à commencer à travailler sur la taxation des transactions financières lors du sommet de Cannes, François Hollande n’a pas su faire preuve de la force de persuasion nécessaire, et le sujet de cette taxe a complètement disparu de l'ordre du jour. Par ailleurs, Hollande nous avait promis qu’il réussirait à renégocier la valeur du yuan, la monnaie chinoise chroniquement sous-évaluée. Finalement, le G20 a validé la politique chinoise, un camouflet pour François Hollande.

Quatrièmement, il avait promis une république irréprochable. Et bien ça a commencé par la nomination d'un Premier Ministre, Jean-Marc Ayrault, qui a été condamné en 1997 à six mois de prison avec sursis et 30 000 francs (4600 euros) d'amende, pour des faits de favoritisme alors qu'il était maire de Nantes. Ça continue avec des cadeaux aux éléphants du PS, ou à ses ex comme Ségolène Royal, dont plus personne ne veut, qu'il va sans doute tenter de placer à la tête du Parti Socialiste (si Madama "tweetweiller" l'accepte).

Erreur de collage
Delphine Batho a été nommée ministre alors qu'elle refusait de quitter son logement social à Paris tandis que Manuel Valls interprétait à sa façon le non-cumul des mandats en se faisant désigner conseiller municipal délégué avec des indemnités équivalents à son poste de maire. Sans parler de la Ministre de la justice condamnée par les prud'hommes et tout ce que l'on découvrira bientôt sur la pseudo équipe irréprochable!

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