Quand la gauche bling bling fait bling--bang
par José

Le poète romain Horace écrivait : « plus haute est la tour, plus haute est la chute ».
Dominique Strauss-khan, alias DSK, n’a pas fait mentir l’antique adage. Sa chute fut vertigineuse.
Rapide aussi. « 24 heures chrono », comme le titre éponyme d’une célèbre série télévisée américaine.

En moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, les images de la série strauss-khanienne sont passées du rêve élyséen au cauchemar new-yorkais, du luxe ostentatoire de Marrakech, de la place des Vosges ou de Washington à celui, plus intime, de la prison dorée de Manhatthan, de la gestion des crises internationales avec les fonds du FMI à la gestion de sa crise interne avec ses fonds propres, ou du moins ceux de sa fidèle épouse…

DSK croyait affronter Sarkozy. Il affrontera une femme de ménage new-yorkaise.

Le vote des jurés américains se substituera à celui des électeurs hexagonaux.

En France, le peuple souverain aurait pu le conduire sur le perron de l’Elysée. Il pourrait, aux Etats-Unis, il pourrait le mener derrière les barreaux.

Cette chute, mortelle politiquement, fut précédée, si l’on y regarde de plus près, de plusieurs pertes d’équilibre plus ou moins gênants, selon notre proximité, amicale ou politique, avec DSK.

D’abord le train de vie. Incompatible avec les soi-disantes valeurs morales socialistes. Il est vrai que le cœur du PS ne bat plus, depuis longtemps déjà, pour les classes populaires….

La Porsche ensuite, sur le tapis de laquelle DSK est venu trébucher pour s’étaler sur tous les journaux du monde entier. Erreur de communication ont suggéré certains. Je penche plutôt pour la force de l’habitude.

Enfin, l’écart précédent avec l’une de ses collaboratrices du Fmi aurait dû ouvrir certains yeux emplis de béatitude, au mieux naïve, au pire complice. Ici aussi, il s’agit d’une (mauvaise) habitude.

Je soupçonne également les « camarades » de DSK d’avoir l’ouïe sélective. Attentifs à la moindre blingblinguerie supposée de notre président, les socialistes demeurent sourds face à celle de DSK.

Sourds, mais pas muets. Même si certains auraient mieux fait de se mordre la langue – n’est-ce pas Jack ? - avant de parler : « il n’y a pas mort d’homme » ; « troussage de domestique » ; - j’en passe et pas forcément de meilleures…

Parfois le silence est la meilleure chose à dire.

Nous aimerions néanmoins entendre les socialistes :

  • Sinon pour condamner, au moins pour prendre leur distance avec un homme dont les comportements surprennent uniquement ceux qui feignent d’être surpris ;
  • Faire preuve de compassion pour cette femme présumée victime ;
  • Donner une vision politique pour demain et proposer des idées concrètes, plutôt que de multiplier les candidatures à la primaire…


Mais voilà, c’est à mon tour de ne rien entendre. Je ne souffre pourtant d’aucun trouble de l’ouïe.
J’en veux pour preuve d’avoir fort bien perçu, par delà les océans, le bling-bang de la gauche bling-bling et amorale.

 

José







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