Le coup de gueule de Laurent                              

Le RER A, ou le symbole de l'inaction des élus de gauche  

Retards, wagons bondés, voyages interminables, innombrables arrêts entre les stations, attente sur des quais saturés, chaleur insupportable, ...

Est-il possible d'imaginer qu'au XXIème siècle, deux des plus grands centres d'affaires d'Europe, à savoir la Défense et le quartier Opéra à Paris, sont desservis par une ligne de transport en commun qui est devenue un cauchemar pour ses usagers aux heures de pointes ? Combien de milliers de travailleurs en tailleur et en costume cravate arrivent en retard et en sueur chaque jour à leur travail, combien de centaines de femmes enceintes ou de parents avec leurs enfants doivent supporter l'entassement et la chaleur insupportables?

Les usagers du RER A en ont assez : ils sont près de 7000 à avoir signé la pétition de l'AUT (Association des usagers de transports).

 Que font MM. Huchon et Délanoé ? En effet, l'autorité organisatrice des transports en Ile de France est le STIF, Syndicat des Transports en Ile de France, dont le Conseil d'administration est composé de la Région Ile de France (14 voix), de la ville de Paris (5 voix), et des autres départements de la région (7 voix).

Notre bon vieux RER A est la plus importante ligne de transport en commun d’Europe :  un million de personnes l’empruntent quotidiennement et 288 millions chaque année. Cette ligne, cogérée par la RATP et la SNCF (ce qui ne facilite pas les choses) dispose de 43 trains à deux niveaux et 156 trains à niveau unique. Les retards et les attentes aux heures de pointe sont dus à un trop grand nombre de trains sur les voies au même moment, alors que paradoxalement les wagons sont bondés. Or, on ne peut plus augmenter la fréquence du RER A, car il n'y a que deux voies sur cette ligne (une dans chaque sens) et surtout deux quais par gare (un dans chaque sens). Ce qui veut dire que les trains sont tous à la queue et doivent attendre que le train précédent ait quitté son arrêt en gare pour avancer...

Une bonne solution serait de mettre systématiquement des trains à double niveau, et de créer une rocade autour de Paris ( Métrophérique ou Orbival) qui soulagerait la ligne A.

Mais cela coûte cher (une cinquantaine de nouvelles rames à deux étages coûterait 500 millions d'euros) et la région Ile de France et la ville de Paris ne veulent pas payer.

Face à la colère grandissante des usagers, la RATP a mis en place un plan d’urgence, mais c'est seulement un plan de communication ! Présence d’un secouriste aux heures de pointe mise en place d’un train de réserve à Nation, «agents de régulation» ou pousseurs pour empêcher les gens de rentrer quand il n'y a plus de places.

Nicolas Sarkozy a déclaré : "Si l’Etat doit reprendre la main, l’Etat la reprendra, Je ne laisserai pas les passagers otages de situations inacceptables de lignes de RER vétustes, où chaque jour un million de passagers s’entassent, assistant impuissants aux affrontements stériles et à la vétusté des investissements", Il a assuré fin mai que l’Etat prendrait en main le dossier de la modernisation de la ligne de RER A, si la région continuait à retarder les investissements nécessaires, et s'est engagé à financer 250 à 300 millions d'euros, soit la moitié des investissements nécessaires à court terme.

"La décentralisation, c’est fait pour qu’on gère mieux, pas pour qu’on gère moins bien.

Et qu'a répondu Jean-Paul Huchon ? Il a simplement demandé à la RATP de présenter au STIF une étude sur "les différentes solutions pour augmenter la capacité du RER A ainsi que des mesures portant sur les infrastructures (aiguillages, signalisation) », avec des éléments de coût, de calendrier et de caractéristiques de ce matériel, notamment les rames à 2 niveaux. Une étude ! Non M. Huchon, le temps des réflexions est fini, il faut agir maintenant !

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