Réforme des institutions : par José Zullo (et commentaires de Catherine Procaccia) 

Un parlement (Assemblée nationale et Sénat) avec des pouvoirs accrus,

Un président de la République élu pour 5 ans et rééligible une seule fois pouvant enfin venir s’exprimer devant les 2 chambres réunies en Congrès, L’ordre du jour déterminé pour moitié par les assemblées elles mêmes et non uniquement par le seul Gouvernement,

Voici, entre autres, quelques unes des modifications de la Constitution qui, tout le monde en conviendra, devrait apporter une seconde jeunesse et d’un nouveau souffle à nos institutions…

A part, peut-être, nos amis socialistes, ces hommes et femmes qui  ne savent que dire non.

NON. Trois  lettres qui tiennent lieu de programme.....

Non à tout.
Non à Sarkozy.

Non au gouvernement.
Non au changement – il est vrai que  tout va tellement si bien !

Non, deux fois non, à la réforme des institutions.

Je me souviens pourtant de quelques représentants socialistes, et non des moindres, appelant de leur vœu l’avènement de la sixième République ! Rien de moins.
Ce sont les mêmes qui, aujourd’hui, s’opposent à ce que la Constitution s’adapte à notre société qui évolue,  comme si celle-ci, gravée dans le marbre, devait demeurer figée pour l’éternité.
Allez comprendre !!!

Alors, je me demande si derrière ces postures ne se cacheraient pas plutôt des considérations de politique politicienne – comme on dit ; des marchandages et autres chantages.

J’en veux pour preuve :

- la remise en cause par les socialistes, qui réclament plus de représentativité, du mode d’élection des membres du Sénat, alors que la moitié des sénateurs sont élus au scrutin proportionnel ;

- la volonté de compter le temps de parole du chef du l’Etat alors que celui-ci symbolise par essence la voix de la France !

Tout cela n’est pas très sérieux.

Les institutions de notre pays sont la garantie d’une République pérenne, égalitaire, libre et fraternelle. Cela ne signifie pas qu’elle ne doive pas « coller » au plus près de la réalité.
Peut-on, en effet, soutenir sérieusement l’idée que la France doive, en ce début du XXI ème siècle, continuer à vivre avec des institutions datant de la moitié du siècle dernier ?

La Constitution de 1958 est née de la rencontre d’un Homme et d’un contexte historique.

Elle a, depuis, montré sa solidité survivant aux crises et traversant de nombreuses tempêtes.
Mais il ne faut pas se méprendre. Ne rien faire aujourd’hui la fragiliserait demain. A contrario l’adapter au monde actuel la renforcerait et l’inscrirait dans la durée.

 

Réponse de Catherine Procaccia : La constitution changera t elle les choses ?

Au moment où cette newletter est rédigée, je ne suis pas certaine que la constitution modifiée sera votée. Tout d’abord, les socialistes sont tiraillés car ils ont posé des préalables qui sont inconstitutionnels, un comble ! En effet, le mode d’élection des parlementaires, sénateurs ou députés, ne relève pas de la constitution mais d’une loi « organique », donc en faire un préalable à leur vote, c’est de la démagogie ou de l’incompétence. Ensuite, parce que les députés en général, apprécient peu que les sénateurs prennent des positions différentes des leurs et qu’il faut donc arriver à mettre d’accord les 2 chambres pour obtenir la majorité des 3/5 eme nécessaire.

A vrai dire, certaines dispositions ne me plaisent pas comme :

- la limitation à 2 mandats de l’élection du Président de la République ; laissons les citoyens choisir leur président d’autant qu’il est maintenant  élu pour 5 et non pour 7 ans … Ou alors, limitons aussi à 2 mandats, ceux des parlementaires, conseillers régionaux et généraux…

- la remise en cause du référendum pour l’entrée de nouveaux pays dans l’Union européenne. Mais sur ce point, un compromis est en instance d’être trouvé.

Cependant, je voterai lundi 21 Juillet la révision constitutionnelle car elle donne plus de pouvoirs au Parlement et  ne remet pas en cause l’équilibre institutionnel de 1962 ( élection du Président au suffrage universel direct). Comme le disait José, après 50 ans de Veme république, il faut s’adapter à une réalité qui n’est pas celle de la fin de la IVeme république.

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