Edito

La loi sur l’audio-visuel public ou la victoire du nombrilisme !

Le début de l’année a commencé au Sénat avec l’examen du projet de loi audio-visuel, loi, qui pour moi non seulement n’était pas d’une importance considérable, mais surtout ne méritait vraiment pas les pages et les heures d’infos qui lui ont été consacrées. Car enfin, notre vie quotidienne est-elle bouleversée (comme le prétendaient les sociologues)  parce que le journal de la 2  commence à 19H58 au lieu de 20h et l’émission en « prime time » à 20H35 au lieu de 20H50 ? Les français qui depuis un quart de siècle changent deux fois par an leur lever et coucher au changement de saison seraient-ils moins adaptables quand il s’agit de la télévision ? Ou cette pseudo polémique ne serait-elle pas plutôt due à la dictature des medias et à leur nombrilisme ?

Dans une période si mouvementée et économiquement inquiétante, le Parlement ne pouvait-il pas se consacrer à autre chose  qu’à une question somme toute mineure ? La faute, naturellement à l’opposition de gauche qui a fait de l’obstruction en multipliant les amendements et en faisant traîner les débats, mais le Gouvernement avait-il vraiment besoin de mettre ce texte en urgence ?

Il est clair que la façon dont le Sénat a étudié le texte nous a mis de mauvaise humeur ! Légiférer sur la suppression de la publicité sur les chaînes publiques alors qu’elle est  déjà effective ne donne pas vraiment le sentiment de faire un travail utile !

Cependant, il nous restait à déterminer comment compenser les pertes financières pour que fonctionnent dorénavant les chaînes publiques.

Le Sénat a pris des positions que ne partage pas l’Assemblée comme par exemple l’ augmentation de 2 euros du prix de la redevance (dont le montant était bloqué) cette année et 2 euros en 2010.  Il a aussi voté la taxation des ordinateurs car ceux-ci peuvent devenir des terminaux (mesure contre laquelle je me suis opposée, suivie  par les sénateurs UMP, mais nous avons été battus puisque nous ne sommes plus majoritaires depuis octobre 2008 !). A la fin de ce mois, la Commission mixte paritaire tranchera ces différents.

A l’issue de ces semaines de discussion, je regrette surtout que les débats aient porté sur le financement et non sur l’opportunité de maintenir autant de chaînes publiques : France 2, 3, 4, 5, 24, ô …

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