Opinions par Mickael

En entendant cette semaine que Renault à son tour pouvait supprimer plus de 7500 postes, j'ai vu resurgir les vieux démons de PSA à Aulnay. Je ne peux pas m'empêcher de m'imaginer les usines fermant et les familles d'ouvriers plongées dans le fléau du chômage. Car pour moi, il n'y a pas plus angoissant que la perte de l'emploi. Perdre son emploi, c'est perdre son indépendance, sa liberté.
Mais c'est aussi perdre sa fierté. Sans verser dans le mélodramatique, c'est parfois perdre l'estime de ses proches et de ses propres enfants.
Je n'irai pas plus loin sur ce que peut représenter le chômage pour chacun.

Toujours est-il que je me suis posé la question : si on voulait sauver Peugeot-Aulnay, que pourrions nous faire ? Je ne parle pas de changer de politique économique, d'actionnaires ou de compétitivité qui sont hors de notre pouvoir... Non, je parle de que nous pourrions faire à notre échelle de citoyen!

Je suis parti pour cela du raisonnement suivant : pour sauver Aulnay, il faudrait que l'usine produise autant qu'une autre usine Peugeot aujourd'hui rentable.
Ainsi au lieu de sortir 135 700 C3 en 2012, Aulnay devrait produire autant que Poissy à savoir 230 000 voitures. Bref, il faudrait donc produire 94300 C3 de plus.
Vous allez me demander où les trouver?
Eh bien sachez que 94300 C3 c'est grosso modo 1/3 du total des voitures étrangères type C3 vendues en France (cf tableau ci-dessous).




Conclusion si un tiers des acheteurs français achetait C3 plutôt qu'étranger, on sauverait Peugeot et l'usine d'Aulnay.

Prix de l'effort : compter 500 euros environ (ce qui peut paraitre beaucoup mais ce n'est finalement que 3,7% du prix moyen de la voiture.
Or quand on sait qu'une ristourne moyenne dans l'automobile est comprise entre 3 et 6%, cela parait finalement jouable).
Ce qui me peine le plus ici c'est que je n'ai jamais entendu dans les médias ce discours un tant soit peu responsabilisant : on est prêt à tirer à boulet rouges sur des responsables externes : le méchant actionnaire ou la méchante conjoncture ou le méchant coréen qui produit pas cher.

Mais jamais on nous invite à nous remettre en question dans nos comportements.

Qu'est ce qu'on aurait pu faire pour éviter cela ?
Le patriotisme économique est-il mort ? La publicité nous parle sans cesse bonne affaire et pouvoir d'achat, mais on y a perdu notre sens des valeurs.

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