Quand le PS se saborde lui même
par Johann

La gauche sénatoriale continue son parcours chaotique, tel un éléphant aventuré dans un magasin de porcelaine. Le délitement de la majorité politique a atteint un nouveau sommet lorsque les sénateurs PS ont voté contre leur propre budget le 18 décembre.

Pour mémoire, le PS n'est pas majoritaire au Sénat et doit compter sur les 20 sénateurs PC à chaque vote. C'est dans ce contexte tendu, que le 28 novembre, le projet de loi de finances pour 2013 a été rejeté en première lecture. Les communistes ont estimé que leurs idées (traduites en amendements) n'avaient pas été suffisamment prises en compte. Une ironie du sort pour le candidat Hollande qui déclarait à la presse en février 2012 qu'« il n'y a pas de communiste en France ou pas beaucoup ».

Rebondissement le 18 décembre.

Alors que le Premier ministre vient de recevoir les parlementaires du Front de Gauche à Matignon pour tenter de recoller les morceaux, le projet de loi de finances pour 2013 est rejeté par les sénateurs socialistes eux même. Une situation inédite de sabordage sous la Vème République.

Leur démarche stratégico-intellectuelle mérite d'être expliquée. Plutôt que de laisser les sénateurs UMP demander un examen détaillé du budget qui aurait amené le Sénat à siéger aprés Noël et à dépasser la date limite constitutionnelle d'adoption de la loi de finances.
(Le Parlement dispose, à partir du dépôt d'un projet de loi de finances, de 70 jours pour l'adopter, selon article 47 de la constitution), les socialistes ont préféré voter contre leur budget!

Pour se justifier, ils ont déclaré vouloir empêcher l'UMP de faire de « l'obstruction » (c'est-à-dire leur travail d'opposant critique) ; dans la réalité ils ont eu peur d'être de nouveau accusés de flagrant délit d'amateurisme politique et n'ont pas pris de risque de franchir la ligne jaune constitutionnelle.

Pourtant, seulement 70 amendements avaient été déposés.
Deux jours auraient suffi pour permettre à l'UMP de s'exprimer, d'examiner puis de rejeter le projet suite ... à l'abstention des communistes.
Manque de confiance ou désir de vacances plus rapides pour des parlementaires éprouvés par leur Gouvernement ? Tout est possible au Sénat !

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