Faut-il renier ses amis une fois ministre?
par Mickaël

SurLe titre de cet article, qui bien sûr fait écho aux déboires récents de Michèle Alliot Marie, est volontairement provocateur. Il n'empêche que la question mérite d'être posée. Il semble d'ailleurs que je ne sois pas seul à le croire si je me fie au buzz que cette affaire a soulevé sur internet.

Un petit rappel des faits s'impose : il est reproché à Michèle Alliot Marie d'avoir profité de l'avion d'un ami Tunisien proche de Ben Ali lors de ses dernières vacances…. Bien sûr, dit comme cela, la vindicte populaire ne peut paraitre que compréhensible…..

Si on vous dit que Michèle Alliot Marie n'a fait que voyager avec quelqu'un qui de toute façon avait affrété un vol pour lui. Enfin si on vous dit qu'il ne s'agit nullement d'un ami récent mais d'une très vieille connaissance qu'elle invitait d'ailleurs régulièrement de son côté au pays Basque?... Bien sûr, dit comme cela, le doute devient permis.

Je ne veux pas de toute façon rentrer ici dans un procès du "pour ou contre Michèle Alliot Marie". J'aimerais plutôt généraliser le débat en posant cette question : faut-il renier ses amis une fois ministre?

Oui!... puisque de toute façon, il n'est pas exclu que cet ami soit fautif un jour ou l'autre d'un écart qui lui vaudrait des soucis et qui vous entrainerait inévitablement dans sa chute. Un ministre serait il responsable des actes de ces amis? Peut-il courir ce risque? Ne vaut-il pas mieux jouer la carte de la prudence en coupant tout simplement les ponts?

Oui!.... puisque de toute façon aucun ami ne peut se prétendre parfait. Cet "ami" tunisien doit-il perdre ses connaissances, sous prétexte que sa réussite économique, dans un pays marqué par la corruption, ne peut paraître que suspect? En fait, il aurait mieux valu que cette personne ait montré patte blanche pour mériter l'amitié d'un ministre de la république Française. Finalement l'amitié, ce n'est pas qu'une histoire d'affinité pour un ministre, il faut que cette amitié soit validée par l'opinion publique. A quand la présentation en public des "postulants amis" de nos ministres? A quand le certificat de l'amitié, validé par les RG ou une quelconque assemblée?

Et bien moi, je réponds non!!! J'ai la naïveté de croire que nos ministres sont suffisamment adultes et responsables pour distinguer ce qui relève de la chose privée et ce qui relève de la sphère publique….surtout durant leur période de vacances.

Non! également parce que l'amitié, ce n'est pas tout cela. Pour moi, l'amitié doit rester une rencontre un peu irrationnelle où deux êtres se trouvent. Notre amitié, c'est parce qu'il est lui et que je suis moi. Ce n'est pas un calcul pour savoir si cette amitié me servira ou me desservira un jour aux yeux de l'opinion.

Finalement, ce qui me désole le plus dans cette polémique récente, c'est qu'elle est surtout symptomatique de la défiance que l'opinion a désormais de ses politiques. Aujourd'hui, ce qui peut paraitre comme une chasse aux sorcières, qui monte en épingle tout départ de polémique, est finalement le résultat d'une longue baisse de l'estime populaire portée aux politiques. Doit-on accepter de brûler à la moindre étincelle la réputation de toute une existence? L'engagement politique est bien souvent un investissement de toute une vie, porté par l'envie d'être utile à son pays et à son peuple dans le respect de ses convictions. Rien que pour cela, je crois que nos politiques ont droit à une certaine retenue dans la façon dont on les juge… souvent trop vite.

 



Mickaël



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