Projet de transports ou roman politique.
par Laurent

Depuis 2004, l'éxécutif socialiste-vert du Conseil régional est très passif sur le sujet des transports urbains qui relèvent de sa compétence : les RER ne fonctionnent pas bien, rien n'est fait pour les améliorer, et le projet de métro automatique autour de Paris proposé par la RATP quelques années plus tôt n'avance pas.

C'est 2008 que notre actif Président de la République saisit la question en proposant de cofinancer de nouveaux trains à 2 étages pour le RER A. Il nomme un secrétaire d'Etat à la Région Capitale, Christian Blanc, pour relancer le projet.

L'éxecutif socialiste-vert du Conseil régional sent alors monter la pression et sort un projet de métro automatique, Arc-Express, qui comprend une branche au sud entre Ivry et Val-de-Fontenay et l'autre au nord entre Pantin et Nanterre. Le projet ne fait pas une boucle complète.

A la plus grande surprise du Conseil Régional, Christian Blanc avance vite et propose mi-2010 un projet de métro automatique bien plus abouti qui fait une « double boucle » autour de Paris, et inclut le prolongement de la ligne 14 au nord et au sud.


Le Conseil régional rejette ce projet sous pretexte de manque de concertation.
Pourquoi le Ministre et le Président du CR n'ont-ils pas réussi à s'entendre?


D'abord parce que le premier était persuadé que l'Etat devait concevoir et financer seul le projet pour aller vite et parce que mettre d'accord les verts et les socialistes serait trop compliqué.
Ensuite par ce que le second n'acceptait que le projet de la Région.
Enfin et surtout les deux hommes qui ont travaillé ensemble auprès de Michel Rocard, se vouent depuis une hostilité manifeste.

Après le remaniement, le nouveau ministre, Maurice Leroy change de stratégie pour trouver rapidement un accord avec la Région. Il sait qu'il y a un coup politique à la clé, car Huchon voit se rapprocher la menace de l'inégibilité : le Conseil d'Etat doit se prononcer sur l'affaire dans laquelle il lui est reproché d'avoir utilisé l'argent du STIF pour sa campagne des régionales contre Valérie Pécresse en mars 2010.

Les discussions en bilatéral avancent vite, et début janvier, à la surprise générale, Leroy et Huchon trouvent un compromis. Mais c'est sans compter les divisions au sein de la Région où Huchon est loin d'être le maître. Les verts et certains élus socialistes annoncent qu'ils ne voteront pas : ils refusent catégoriquement la réalisation de la branche Orly-Massy-Saclay-Versailles.

Cécile Duflot et Jean-Vincent Placé, deux responsables verts, qui sont en concurrence pour le leadership du parti, en font un sujet de pouvoir interne : c'est à celui qui s'opposera le plus à cette branche.

Le 27 janvier, Leroy et Huchon annoncent un accord sur l'ensemble du tracé, qui reprend à 90 % la proposition initiale du gouvernement, excepté sur cette branche Orly-Versailles (cf. plan ci-dessous).

Le Ministre a affirmé jeudi dernier devant le Sénat que l'Etat assurerait la desserte de Massy, Saclay, Saint-Quentin en Yvelines, Versailles, par un métro automatique. Jean-Paul Huchon propose, lui, la création d'un bus en service propre.

Naturellement, cela ne correspond pas aux besoins des 80 000 chercheurs, étudiants, et ingénieurs qui occuperont en 2020 le futur pôle d'excellence du plateau de Saclay.
L'histoire n'est pas finie ... mais on peut constater que les verts fervents des transports collectifs ne veulent pas de métro!

 



Laurent



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