La vie quotidienne dans un Sénat de Gauche

 

Depuis le 1er Octobre, la coalition hétéroclite socialistes, communistes, Europe Ecologie les Verts (EELV) et Radicaux a décidé d'expérimenter au Sénat leur futur programme de Gouvernement. Nous passons donc nos journées et nuits à défaire les lois votées qui ont le malheur de déplaire à la Gauche. Elle ne tolère pas que s’appliquent des textes qu’elle n’a pas votés. Etrange conception de la démocratie !

C’est ainsi que la loi sur le regroupement des communes en intercommunalités a été immédiatement modifiée et surtout a été supprimer le conseiller territorial. J’ai déjà évoqué dans une précédente newsletter, l’opposition de la Gauche à la diminution du nombre de conseillers généraux et régionaux. 2000 conseillers en moins, c’est inacceptable: comment arriverait-elle alors à distribuer les investitures et à récompenser ses amis ? Mais est-ce que cela préoccupe les électeurs?

Les communistes ont aussi voulu revenir sur l’autorisation pourtant très encadrée de travailler le dimanche. Ce n’est pourtant pas pour permettre aux salariés d’aller à la messe ! Quant au budget, ce fut dément : 32 milliards de taxes supplémentaires votées en quelques jours, et des mesures symboliques comme la suppression de l’abattement de 152 000€ de droits de succession en faveur des enfants ; alors que je m’offusquais de cette mesure qui ne permet même pas de léguer un studio, il m’a été répondu que « l’héritage était un facteur d’inégalité sociale »!

Heureusement, une loi doit être votée en termes identiques par les deux chambres et l'Assemblée nationale est encore, heureusement, en capacité de rétablir le tir.

Et je ne vous parle pas des conditions de travail : des ordres du jour modifiés au dernier moment, des discussions sur des textes prévues pour durer 2h mais qu'ils étendent pendant 12 heures et ce jusqu’à 5 heures du matin. Dans les couloirs, les « anciens socialistes », c’est-à-dire ceux élus comme moi en 2004, se plaignent de l’ambiance, de cette désorganisation voulue, mais dans l’hémicycle, comme un seul homme, ils obéissent à leur nouveau patron, Monsieur Rebsamen - le maire de Dijon - et s’époumonent contre les Ministres qui s’expriment.

Voilà mon quotidien depuis 2 mois. Vous comprendrez qu’il m’est difficile d’oublier ceux qui ont permis un tel gâchis.

 

Retour à la page d'accueil