Edito


Depuis le 1er octobre, c’est un socialiste qui est Président du Sénat. Jean-Pierre Bel, un ariégeois que le Nouvel Observateur décrivait ainsi : « une allure de danseur, un passé de gauchiste (LCR) il donne un coup de jeune au Sénat ». Pourtant, même s’il ne fait pas ses 60 ans, il n’a que deux ans d’écart avec son prédécesseur, Gérard Larcher.

Celui que ses copains surnommaient « Bebel » (et ceux qui le croient plus jeune babybel), cet ex fan de Che Guevara ne s’imaginait pas au Sénat. Car chacun, à droite comme à gauche, s’accorde pour affirmer que si les socialistes avaient cru emporter le Sénat, ce n’est pas lui qu’ils auraient fait monter « sur le Plateau » !

Cette « divine surprise », ils la doivent à une réforme des collectivités territoriales dont ils ont détourné le contenu en exploitant localement la peur du changement des élus, mais aussi à la division et à l’irresponsabilité de certains.

Vous avez tous reçu la lettre que j’ai adressée aux vincennois qui montre comment les ambitions personnelles locales ont fait fi des intérêts nationaux, je n’y reviendrai donc pas.

Mais ce qui se passe depuis au Sénat m’inquiète profondément.

Je sais ce que c’est que d’être dans l’opposition puisque j’y suis au Conseil général. J’en arrive – c’est dire - à préférer l’attitude des communistes Val-de-marnais à celle des socialistes du Palais du Luxembourg. Ils n’ont qu’un seul but : préparer l’élection du candidat Hollande en détournant même les travaux législatifs.

Le travail de réflexion des sénateurs a disparu au profit de l’opportunisme politique.

La créativité et le désir de faire avancer, ensemble les dossiers : enterrés. Ils tentent aussi de défaire toutes les réformes importantes votées depuis 2007. Nous n'avons plus à l'ordre du jour que des textes qui remettent en question les précédents.

Et tout cela pour rien puisque, heureusement, l’Assemblée nationale est encore à droite et use de son pouvoir constitutionnel de trancher puisqu’il y a désaccord.

Je constate, atterrée, un seul résultat : la négation du bicaméralisme. Le Sénat, avec cette attitude d’opposition, offre sans restriction le pouvoir législatif aux députés. Pourtant, si la Gauche réclamait auparavant la suppression de la haute chambre, maintenant qu’elle y est majoritaire, on ne l’entend plus !



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Catherine Procaccia

 

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